ELEM

Etude longitudinale et expérimentale de Montréal

Cette recherche évalue les effets à long terme d’un programme de prévention des problèmes de comportement et de délinquance, menée auprès de jeunes garçons de milieux défavorisés à Montréal au milieu des années 1980.

Le programme évalué s’adressait aux jeunes garçons de 7 à 9 ans qui présentaient des comportements dérangeants et antisociaux à l’école. L’intervention s’est déroulée sur une période de deux ans et a ciblé les enfants et leurs parents.

Les jeunes garçons ont participé à une série d’activités pouvant prendre la forme de jeux de rôles, de modelage, de renforcement et d’accompagnement. Les 9 sessions prévues la première année visaient à développer les habiletés prosociales des jeunes (gestion des émotions, résolution de conflits, etc.). Les 10 sessions de la deuxième année étaient davantage orientées vers l’autocontrôle. Les ateliers se déroulaient en milieu scolaire. De petits groupes formés intégraient à la fois des jeunes turbulents et des jeunes plus habiles socialement.

Les parents des garçons ciblés ont également participé à des sessions de formation sur l’apprentissage d’habiletés de gestion des comportements et sur le suivi des jeunes (gestion des crises familiales, renforcement positif, utilisation d’une discipline cohérente, etc.). Le nombre de sessions de formation était, entre autres, déterminé par la sévérité des difficultés rencontrées par les familles.

Les derniers résultats disponibles dans le cadre du suivi longitudinal suggèrent qu’une intervention précoce, menée à l’âge de 7 ans et centrée uniquement sur les compétences non-cognitives, peut changer les trajectoires de vie des enfants présentant des déficits de compétences non-cognitives. L’intervention augmente la capacité d’autocontrôle et le niveau de confiance au cours de l’adolescence ainsi que la réussite scolaire. Dans les premières années de la vie d’adulte, les bénéficiaires de l’intervention précoce se distinguent par des résultats plus favorables en termes de criminalité, de niveau de formation, d’emploi et de capital social. Les améliorations observées sur la confiance et l’autocontrôle expliquent une large part des résultats observés à l’âge adulte et sur la réussite scolaire.

L’analyse coût-bénéfice du programme suggère, sous des hypothèses conservatrices, que chaque dollar investi dans l’intervention précoce génère 14 dollars de bénéfice au cours de la vie des bénéficiaires.

Dans le cadre de l’ERC SOWELL, ces résultats seront complétés en exploitant de nouvelles données de Statistics Canada.

Partenaires

Article de recherche

Equipe de recherche

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Yann Algan

Professeur d'économie

Sciences Po

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Elizabeth Beasley

Responsable de l'OBE

PSE, CEPREMAP

Richard

Richard E. Tremblay

Professeur de pédiatrie, psychiatrie et psychologie

Université de Montréal GRIP

Frank

Frank Vitaro

Professeur de psychologie

Université de Montréal, GRIP / Ecole de psychoéducation

SciencesPo

Cathy Bénard

Gestion administrative et financière

Sciences Po, dép. d'économie