ELEM

[Agir] Etude longitudinale et expérimentale de Montréal

Cette recherche évalue les effets à long terme d’un programme de prévention des problèmes de comportement et de délinquance, menée auprès de jeunes garçons de milieux défavorisés à Montréal au milieu des années 1980.

Le programme évalué s’adressait aux jeunes garçons de 7 à 9 ans qui présentaient des comportements dérangeants et antisociaux à l’école. L’intervention s’est déroulée sur une période de deux ans et a ciblé les enfants et leurs parents à partir de 1984.

Les jeunes garçons ont participé à une série d’activités pouvant prendre la forme de jeux de rôles, de modelage, de renforcement et d’accompagnement. Les 9 sessions prévues la première année visaient à développer les habiletés prosociales des jeunes (gestion des émotions, résolution de conflits, etc.). Les 10 sessions de la deuxième année étaient davantage orientées vers l’autocontrôle. Les ateliers se déroulaient en milieu scolaire. De petits groupes formés intégraient à la fois des jeunes turbulents et des jeunes plus habiles socialement.

Les parents des garçons ciblés ont également participé à des sessions de formation sur l’apprentissage d’habiletés de gestion des comportements et sur le suivi des jeunes (gestion des crises familiales, renforcement positif, utilisation d’une discipline cohérente, etc.). Le nombre de sessions de formation était, entre autres, déterminé par la sévérité des difficultés rencontrées par les familles.

Les derniers résultats disponibles dans le cadre du suivi longitudinal suggèrent qu’une intervention précoce, menée à l’âge de 7 ans et centrée uniquement sur les compétences non-cognitives, peut changer les trajectoires de vie des enfants présentant des déficits de compétences non-cognitives. L’intervention augmente la capacité d’autocontrôle et le niveau de confiance au cours de l’adolescence ainsi que la réussite scolaire. Dans les premières années de la vie d’adulte, les bénéficiaires de l’intervention précoce se distinguent par des résultats plus favorables en termes de criminalité, de niveau de formation, d’emploi et de capital social. Les améliorations observées sur la confiance et l’autocontrôle expliquent une large part des résultats observés à l’âge adulte et sur la réussite scolaire. L’analyse coût-bénéfice du programme suggère, sous des hypothèses conservatrices, que chaque dollar investi dans l’intervention précoce génère 14 dollars de bénéfice au cours de la vie des bénéficiaires.

Dans sa phase finale, cette étude mettra en correspondance les participants avec leurs déclarations d’impôts de 2019 pour voir si et comment l’écart entre le groupe de traitement et le groupe témoin a continué à se creuser au fil du temps. À ce stade, les participants sont maintenant dans leur quarantaine, ce qui nous permettra de mesurer l’impact du programme sur une grande partie de leur vie professionnelle. Cette étude sera complétée par une nouvelle analyse coûts-avantages du programme basée sur les résultats les plus récents. C’est cet élément qui pourrait s’avérer essentiel pour les décideurs politiques.